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 ALEVISME / L’Alevisme
        Croyance des Alevi-Bektashi et ses rituels

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11.06.09, 09:28

Nazli Üye çevrimdışı

Mesaj Sayısı: 14
Kayıt tarihi: : 09.11.2008
Croyance des Alevi-Bektasi et ses rituels

L’Histoire :

Aux 8e et 9e siècles, au cours desquels la pensée musulmane se rependait jusqu’au nord de la péninsule arabe, les peuples vivant à Horasan et Mavera-ün Nehir’ rencontrèrent les ethnies turques qui venaient d’Asie centrale. Ces peuples ont du apprendre à vivre comme les peuples arabes et a donc suscité petit à petit des changements,et au final ceci c’est concrétisé par une acceptation de l’Islam chez le peuple turc,. Plus que ce qu’a apporté la religion islamique, les cultures arabe et iranienne ont apportés une mauvaise influence.

Après la mort de Mohammed, la culture et le droit arabo-islamiques devinrent très politisés. Ceci a conduit à un cadre politique et civil mal acceptée par les nomades. En d’autres termes, tandis que ces peuples acceptaient difficilement le fondement de la pensée islamique, ils arrivaient pas non plus à accepter le système juridique découlant de l’Etat arabo-islamique et notamment à son organisation proprement étatique.

En effet, cela était difficilement conciliable avec leur culture nomade.

A titre d’exemple, les droits individuels reconnus dans le droit civil arabo-islamique n’existaient pas auparavant dans leur système de valeurs. Leur application s’accordait mal à leur mode de vie : la polygamie, l’esclavage, le recouvrement de la femme turque (début du débat sur le port du voile), les mariages arranges, le droit de divorce accordé qu’à l’homme, une diminution de la part de l’héritage pour la femme, le témoignage de deux femmes est équivalent à celui d’un seul home, un délaissement de la scolarisation de la fille, une limitation de la liberté de la femme…

Bien qu’ayant nécessairement des liens économiques avec eux, ces peuples nomades étaient plus démocratiques que les ethnies arabes. Leur culture juridique était fondée autour de la notion d’Egalité, ce qui transparaissait dans les droits individuels et notamment le principe d’égalité homme-femme. Ces caractéristiques ont persisté bien après leur conversion à l’islam. Ainsi l’existence de monuments religieux ouverts aux femmes comme aux hommes démontre-t-elle que les femmes bénéficiaient de droits égaux non seulement dans le domaine privé et social mais aussi dans la vie publique et politique. L’existence de ces monuments à Kayseri et en Anatolie de l’Ouest démontre l’existence d’une conception de droit civil progressiste.

Dans la région appelée Horasan, un passage assez rapide s’est effectué du polythéisme au monothéisme. Lors de ce passage, certaines des ethnies, plus particulièrement les ethnies turques, se sont converties à l’Islam en raison des différentes pressions exercées par l’État. Ils l’ont donc interprété de manière à mieux l’assimiler. Ils ont ensuite suivi le chemin d’Ali et les douze imams et ont ainsi accepté ce qu’on appelle le soufisme.

La différence des Alevis :

Dans la pensée Sunnit, les individus respectueux des règles, surtout les cinq piliers de l’Islam, sont considérés comme ayant un niveau de vertu suffisamment élevé. Ainsi, cette pensée souligne l’importance du respect des obligations formelles.

Forcément, le peuple Alevi a également été influencé par tous ces changements. Malgrè qu’il y a eu des manifestations, elles n’ont pas pues données de suite car elles se terminaient par des massacres:

- sous l’empire Ottoman alors dirigé par Ahmet 1
- toujours sous le même empire sultan Yavuz Selim (en 1514)

Donc par contraste le soufisme s’attache d’avantage au fond qu’à la forme. Les individus se doivent d’améliorer leur éducation afin de devenir plus vertueux. Comparé aux autres courants politico-religieux, l’idéal poursuivi par Ali et ses disciples, les douze imams, est parcouru d’idées plus humanistes, empreintes de davantage de tolérance. Ainsi les droits individuels ne dépendaient-ils pas du sexe ; il s’agissait de droits plus généralement rattachés à tout être humain, femmes comme hommes.

Le soufisme est associée avec la culture du monastère d’Ahmet Yesevi qui se trouvait alors au Turkestan (aujourd’hui au Kazakhstan). Ce monastère fut le berceau de cette nouvelle école d’interprétation, d’où furent issus plusieurs khalifes et philosophes religieux qui contribuèrent au rayonnement de cette interprétation, notamment vers l’Est, permettant sa diffusion au plus grand nombre. Cette conception a été la base du système de croyance Alevi-Bektashi, plus connu sous l’appellation d’Alevis d’Anatolie. Les philosophes qui partirent du monastère de Yesevi pour se diriger vers l’Est comme Horasan Erenleri, Anadolu Erenleri, Rumeli dervişleri (Abdalan-ı rum), Rum soeur (Bacıyan-ı rum ) ont permis de faire connaître assez rapidement la vision alevi de l’Islam en Asie, Anatolie,Thrace et dans les Balkans. Ces missionnaires de l’Islam ont véhiculé une pensée empreinte de paix reposant sur le respect de l’individu, le travail et le savoir et en ayant comme principe de regarder d’une même façon les soixante-douze nations, dans le respect des droits de la personne. C’est sur ces bases posées par ces missionnaires qu’a été construit l’Empire Ottoman en Anatolie et Rumeli (partie europénne de l’Empire Ottoman).

Dans ce système de croyance le principe de respect de toute chose vivante créée par Dieu prime également car chacune porte la marque de Dieu ; l’expression « En’el Hak » de Hallac-ı Mansur est le reflet de ce principe. Ces philosophes (Horasan erenleri et Anadolu erenleri ) convertirent à ce nouveau système de croyance les peuples qu’ils rencontrèrent, tout en respectant leur culture identitaire. En effet, ils réussirent à rassembler toute un éventail de cultures dans le respect absolu de l’individu et de ce qui est le fruit du créateur.

Le système de croyance Alevi–Bektashi d’Anatolie a pu intégrer en elle toute sorte de cultures, en sachant n’en mépriser aucune (bien au contraire en s’en enrichissant), qu’il s’agisse des cultures locales ou de celle des nomades. C’est pour cette raison que dans les rituels rattachés à cette mouvance, l’on rencontre des traces des cultures saman, romaine et grecque. Le côté la plus intéressant des « erenler » d’Anatolie est que leur soit confié une épée de bois par leur maître avant qu’ils ne quittent leur monastère pour devenir chef religieux dans une autre région. Ceci symbolise le fait que tout en étant un combat, la mission ne doit aucunement être sanglante car il s’agit uniquement d’un combat d’idées. Ainsi les “erenler” d’Anatolie ont-ils contribué à la création du droit administratif, droit commercial et droit civil pendant la période des Seljukides et au début de l’Empire Ottoman :

- Seyh Edeb Ali a contribué aux travaux préparatoires de la construction de l’empire Ottoman à Bilecik. Il a favorisé une conception laïque et a semé les premières fondations du droit administratif qui allait prendre place en Anatolie et en Thrace. Ce droit administratif a été appliqué respectueusement pendant la période d’expansion de l’Empire et le bon accueil réservé par les sociétés conquises s’explique par les droits et libertés qui leur étaient reconnus par ce système juridique.

- A la même époque Hacı Bektaş-ı Veli (1210 – 1270), grand humaniste alevis et le fondateur de l’ordre Bektachi avait déjà énoncé dès le 13ème siècle que la femme est égale à l’homme à Nevşehir (plus précisément à Sulucakarahöyük) a développé un système de droit civil qui reste encore aujourd’hui fidèle au principe selon lequel il faut regarder de la même façon les soixante douze nations et chercher tout ce que l’on veut en soi-même. Son système repose sur la monogamie, l’éducation sans distinction entre hommes et femmes, le respect de l’individu, des animaux, des plantes. Ses contemporains comme Abdal Musa, Taptuk Emre ont contribué comme lui à véhiculer ce message fait d’amour, de tolérance dans les régions où ils se rendaient.

- Ahi Evran Şeyh Nasuriddin (1172 – 1262) a permis le développement du commerce et de l’artisanat plus adapté au mode de vie des habitants d’Anatolie. Les emprunts à ce droit se retrouvent aujourd’hui dans des sociétés développées. Des organismes aussi importants pour notre pays que pour tout autre pays comme les chambres de commerce, les bourses, des institutions de contrôle, par exemple, existaient déjà dans ce système appelé ahilik.

En conclusion, l’on peut dire que le système de croyance des Alevi-Bektashi-Mevlevi repose sur les principes d’égalité, de respect et de pluralisme.

“Il n’y a pas de distinction de sexes dans les débats
Tout ce que Dieu a créé est là.
Il n’y a aucune distinction entre homme et femme
La lacune est dans tes opinions.”

L’Alévisme :

Le Bektachisme/ Alévisme voyant la problématique intéressée dans la vie dans le développement métaphorique de l’homme non pas dans le monde physique, a été l’École de former l’homme idéal et en même temps de le raconter. L’Homme parfait (Kâmil insan) avec la terminologie intérieure de la doctrine a été considéré comme exemple de la valeur humanitaire.

Par opposition à l’attitude catégorique à la façon de créateur-celui qui a été créé- le domaine matériel du point de vue traditionnel, le Bektachisme/ Alévisme a fait des explications dans le cadre du parallélisme de l’unité-la pluralité (Vahdet-i Vucut). Le Bektachisme/ Alévisme qui a fait l’homme comme thème, le centre de sa structure ontologique-épistémologique a accepté les propositions au contenu divin-humain comme son manifeste principal.

Le Bektachisme/ Alevisme a trouvé l’objectivité dans le fait de parfaire l’homme lui-même, en ne faisant pas de séparatisme de religion, des sexes, de race, de nation, de confiance. Ce point de vue de confiance et de pensée a ramassé dans son alentour toutes les valeurs comme la tolérance, l’égalité et le partage.

La plupart du temps, les rituels alevis s’accompagnent de musique. Voici quelques caractères communs de ces rituels, qui sont d’une manière générale emprunts de simplicité :

• Chaque prière est en turc - aucune langue qui ne serait pas compréhensible n’est utilisée.

• Chaque rituel est ouvert a tout le monde - il n’y a pas des rituels réservés aux femmes ou aux hommes

• Hormi pour les rituels mortuaires, il y a toujours de la musique ainsi que des danses appelées sema-semah

• Chaque rituel est dirigé par quelqu’un nommé Pir, Postnişin, Dede, Baba (père)

• Pour assurer le bon déroulement des rituels, certains aspects desdits rituels se voient confiés à des personnes désignées. Ces aspects varient du début à la fin du rituel, par exemple jouer de l’instrument traditionnel, le « saz », etc.

• Quasiment chaque rituel comprend une distribution d’un «lokma » (un repas rituel). A part le mois du Muharrem, il peut être procédé à des sacrifices. Le don d’un « lokma » est un lien sociologiquement important entre l’individu et sa communauté. Le « lokma » n’est pas consisté de plats en particulier. Selon la richesse de l’individu qui l’offre, la « bouchée » peut être plus ou moins élaborée suivant ses moyens. Ce qui compte c’est la volonté de donner quelque chose à la communauté et son acceptation par elle.

L’on peut répartir en deux catégories les rituels des Alevi-Bektasi: les rituels de vie et ceux de croyance. Voici quelques exemples de rituels.

Les rituels de vie :

• Naissance : elle est fêtée en rendant visite à la famille du nouveau-né. Celle-ci peut égorger un mouton si elle le souhaite. Les Bektashis rendent visite une semaine après la naissance. A l’occasion de ces visites, l’on offre souvent des présents.

• Circoncision et Kirvelik (le fait d’être parrain) : Le Kirve (le parrain) est un moyen d’assistance très important. Le parrain représente littéralement un second père. Le parrain, qui tient son filleul dans ses bras lors de la circoncision, devra veiller sur celui-ci comme sur ses propres enfants si son père vient à mourir. Si la famille du filleul rencontre des difficultés, le parrain se doit d’aider ce dernier et de le protéger.

• Musahiplik : c’est une institution qui complète le kirvelik. Elle est considérée comme une amitié pour la vie. Plus que les kirve qui s’occupe seulement de son filleul, les musahips sont responsables aussi de la famille de son ami. Si l’ami rencontre des problèmes financiers ou s’il décède, les musahips s’occupent de sa famille.

• Décès : chez les alevis et les bektasis la mort est considérée comme un retour vers Dieu. Après le décès, l’on fait un cem (voir ci-dessous pour la description de ce rituel). Les troisième, septième ou bien quarantième jours l’on organise des « lokmas », appelées repas de vie.

Les rituels de croyance :

• Cem : le cem est le rituel de croyance la plus important pour les Alevis et les Bektasis. İl peut y en avoir différente sorte.
Les cems se différencient selon le but, la culture, etc. Un cem classique se fait de la façon suivante :

- la communauté se rassemble dans la maison de cem. Le chef religieux appelé “dede” commence la cérémonie. Les personnes qui ont un rôle particulier pour ce cem le remplisse après avoir prié. Un mouton est égorgé puis donné au boucher.

- On « unifie » le cem ; aucun nouveau participant n’est admis à partir de ce moment.

- Puis les gens du cem doivent rendre compte de leurs actions et, s’il le faut, sont « punis ».

- Les douze rôles sont répartis et chacune des personnes nommées doivent accomplir leurs missions, qui sont :

- Puis l’on commence aux semah.

- La prière de le « lokma » est dite puis le « lokma » a lieu.

- Le cem prend fin

• Hıdırellez : Pour punir Moïse qui s’estimait le plus savant, Allah a envoyé sur terre Hizir, doté du véritable savoir. Hizir et Ilyas; qui sont les symboles du savoir, sont considéré comme immortels. Les alevis s’en remettent à Hizir lorsqu’ils font face à un problème sur terre et à Ilyas face sur mer. Le soir du 6 mai de chaque année, appelé Hidirellez, est célébrée la rencontre entre Hizir et Ilyas sous les rosiers pour aider ceux qui en ont besoin. Ce soir là, plusieurs rituels ont lieu pour attirer l’attention des deux prophètes afin de pouvoir demander leur aide.

• Nevruz : Nevruz est fêté partout le 21 mars comme la fête du printemps. Pour les Alevis et les Bektashis, elle est considérée comme la naissance d’ Ali. Etant donné l’importance de cette fête et le temps qui y consacré, aucun cem n’a lieu. La nuit précédente l’on prie ; le matin des cérémonies ont lieu, des « lokmas » sont organisées et le soir un cem est organisé.

Avec la même ouverture d’esprit, les Alevis ont édicté certaines règles : être vertueux, ne pas faire de mal aux vivants, être capable de maîtriser sa main, sa langue, son désir, connaître son compagnon ou sa compagne, son travail, respecter les droits des individus, regarder de la même façon les soixante douze nations. Cette éducation est donnée dans le cadre des cems. Le non-respect de ces règles est puni. Les punitions peuvent être de différentes sortes : demander pardon, l’exclusion de la communauté.

En revanche, il arrive que les rituels de vie et de croyance aient lieu pour les mêmes événements. C’est pour cette raison que cette distinction entre les deux rituels n’est pas très stricte.

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